La santé mentale au travail

 

À la veille des vacances d’été, quelle période magnifique pour parler de santé! Saviez-vous qu’il en coûte 16,6 milliards de dollars par an aux entreprises canadiennes en raison des problématiques de santé mentale? En 2019, on estimait qu’une personne sur cinq avait des enjeux à ce niveau. En 2024, c’est maintenant une sur trois. *

Le milieu de travail : source de santé

En adoptant une culture santé dans son entreprise, on met en place du soutien et des facteurs de protection. La clé du processus? La communication. Il est essentiel de non seulement mettre en place des ressources, mais aussi de les diffuser régulièrement et constamment.

En tant qu’employeur, vous partagez la responsabilité. Vous offrez un milieu de travail sain et mettez en place divers programmes de prévention et de soutien. Vos gestionnaires doivent bien diffuser l’information. Quant à vos employés, leur responsabilité est de se tenir informés et de signaler leurs besoins. Au-delà de la communication, il est crucial de privilégier les actions concrètes et de sensibiliser par des activités. La culture d’entreprise en matière de prévention joue un rôle majeur.

Prenons l’exemple d’une entreprise qui a réussi à créer une culture de la santé mentale. Chaque semaine, elle organise des séances de bien-être comme des cours de yoga et de méditation, accessibles à tous les employés. De plus, elle a instauré un système de feedback anonyme où les employés peuvent exprimer leurs préoccupations en toute sécurité. Cela permet de maintenir un dialogue ouvert et de répondre rapidement aux besoins des employés.

Arrêt de travail

Dans la réalité quotidienne, malgré les efforts de communication et les outils mis en place, vous devrez faire face à des arrêts de travail. Comment bien soutenir un employé en arrêt et lors de son retour? Le gestionnaire direct joue un rôle crucial. L’employé doit avoir confiance en son gestionnaire, qui doit être à l’écoute et sans jugement. Il se trouve sur un fil entre la gestion et l’espace thérapeutique qu’il ne peut franchir. Le rôle du gestionnaire est de soutenir, orienter et fournir les informations nécessaires, sans se substituer au thérapeute.  Quant au thérapeute, son rôle demande une grande distance et une formation adéquate.

Considérez le cas de Sarah, une employée qui a pris un congé pour cause d’épuisement professionnel. Son gestionnaire a pris l’initiative de rester en contact régulier avec elle, lui envoyant des messages de soutien et lui offrant des ressources pour l’aider à se rétablir. À son retour, un plan de réintégration progressif a été mis en place, lui permettant de reprendre ses responsabilités petit à petit.

Vos gestionnaires ont accès à un programme d’aide aux gestionnaires (PAG), généralement inclus dans votre assurance collective ou votre PAE (programme d’aide aux employés). Ils peuvent ainsi obtenir rapidement des conseils et des ressources pour les soutenir. On sait que deux gestionnaires sur cinq ne se sentent pas équipés pour aider leur équipe. Les conseils obtenus via le PAG permettent de mieux gérer la situation, instaurant un climat de confiance avec l’employé.

En plus des gestionnaires, des pairs aidants au sein de l’entreprise peuvent apporter du soutien. Ayant déjà vécu des situations similaires, partager leur expérience est moins menaçant. Ils possèdent généralement une bonne écoute et sont une excellente source d’informations. Ils peuvent donner des conseils sur la conduite à tenir, les ressources disponibles dans l’entreprise, et faciliter l’accès au PAE. Comprendre est une chose, savoir est une autre.

En attendant le retour de votre employé, surtout si la date de retour est indéterminée, prenez des mesures proactives. Il est important d’offrir le soutien au bon moment en maintenant le lien de confiance avec le gestionnaire. L’employé ne doit pas se sentir en rupture avec son milieu de travail. Bref, gardez l’échange ouvert, c’est en parlant qu’on se comprend.

Retour au travail

Le PAE peut être utile pour soutenir le retour au travail. Le retour est souvent anxiogène : pression de performance, sentiment d’être surveillé… Il faut comprendre qu’après un arrêt de travail, on est déconditionné. Prenez l’exemple d’un marathon, on ne court pas 42 km dès le premier jour, cela demande un entraînement progressif.

Finalement, posez un regard critique sur l’état de la santé mentale dans votre organisation. Utilisez-vous sainement les services offerts? Y a-t-il une cohérence entre vos avantages sociaux et votre culture d’entreprise? Vous avez mis en place des outils, mais qu’en est-il de leur utilisation? Chez Pinc, votre conseiller se fera un plaisir de vous accompagner pour que vos initiatives suivent vos objectifs.

  • Source : Colloque santé BENEVA 29 mai 2024